Intentions

pucallpa_brume

Proposer une immersion dans l’univers des Shipibos d’Amazonie pour faire surgir les nouveaux défis qu’ils rencontrent mais aussi les ressources ancestrales qu’ils possèdent, face à l’expansion du mode de vie et de pensée matérialiste, c’est d’abord affronter un point délicat : comment mettre en avant la valeur des traditions indiennes sans idéaliser la réalité ni tomber dans de grands discours critiques de la modernité, maintes fois rebattus et souvent simplificateurs ?

Il y a pour cela une solution audacieuse et toute cinégénique :

Se focaliser sur la jeunesse Shipibo,
pour saisir la distance qui la sépare de la représentation habituelle des indiens d’Amazonie,
et se placer en première ligne du choc tradition-modernité.

Suivre deux frères au sein de leur famille et de leur village, 
pour percevoir, dans leurs multiples échanges, tout ce qui les éloigne de leurs aïeux.

Voyager avec eux au cœur de la mégalopole de Lima, dans un bidonville Shipibo, 
pour creuser encore davantage la cicatrice qui sépare la réalité indienne de son image fantasmée.

 Provoquer des rencontres variées et aller chercher les personnages dans leur intimité,
pour dépasser les clichés, toucher les questionnements profonds, et permettre des identifications affectives.

 Plonger finalement au fond de la forêt, et au cœur d’un rituel de guérison chamanique, 
pour découvrir, avec les deux personnages centraux, quel rôle l’approche intuitive et mythique des indiens
peut encore jouer face aux problèmes contemporains.

Ainsi, mettre la condition actuelle des indiens Shipibos en perspective avec ce qu’il reste de leur cosmovision et de leur médecine ancestrales, permet d’engager une réflexion plus globale sur notre époque. En montrant comment la propagation de l’existentialisme moderne – pour lequel la nature est muette et la vie n’a de sens que celui qu’on lui donne – et comment la course généralisée à la consommation continuent de secouer violement l’identité et les aspirations profondes des indiens, notre film ONIBO voudrait rappeler qu’il existe encore, tapies à l’ombre des plantes amazoniennes, des clés pour envisager la vie à travers un autre prisme :

 Celui d’un sens naturel qui dépasse l’être humain
et l’invite à la reconnaissance du mystère, à la modération et à l’humilité.