Suivez-Nous

1er septembre 2016 :

Trois voyages au Pérou, et un film qui prend forme, entre village Shipibo, bidonville de Lima et forêt profonde. Nous avons récemment projeté notre work in progress à notre famille amazonienne et revenons cette fois-ci avec la voix-off d’ONIBO !

2015-0aprojection………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

7 octobre 2014 : le tournage commence !

Ca y est, nous sommes bien arrivés à San Francisco de Pucallpa, où nous avons retrouvé notre famille Shipibo, ainsi que les chamanes et leurs chants célestes.

2016-7

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

7 septembre 2013 : repérage terminé

Après six semaines passées en Amazonie, pour préparer le tournage du documentaire aux côtés de chamanes indiens, je reviens en France plus convaincu que jamais que ces femmes et hommes, dépositaires de savoirs millénaires, ont aujourd’hui un grand rôle à jouer pour aider la Grande Forêt à repousser ses vieux démons.

Dans la communauté indigène de San Francisco de Pucallpa, au Pérou, des indiens Shipibos m’ont confié leur tristesse de voir leur peuple, autrefois uni, aujourd’hui éclaté par la misère et la frustration. Frustration des hommes, qui pêchent de moins en moins de poissons dans les rivières salies. Frustration des femmes, condamnées à vendre leurs tissus et céramiques aux rares touristes que leur amène une route récemment creusée dans la forêt. Frustration des ados, qui délaissent la culture de leurs parents pour les clips de regeton tournant en boucle dans le coin internet du village. Dans cette atmosphère de choc avec l’occident, le chamanisme se dissout parfois en un attrape-gringos aussi lucratif que dangereux.

DSC00019

Mais tout est loin d’être sombre, à San Francisco de Pucallpa, où l’on voit aussi des hommes qui jouent au volley sous un soleil de plomb en riant aux éclats, des femmes qui révèlent toute leur grâce dès que l’on prend le temps de les voir assembler leurs bracelets de perles, des enfants qui nous tirent par la main jusque dans les eaux brunes du rio Ucayali. Et, à la nuit tombée, on peut encore entendre vibrer les voix de ceux qui n’ont pas oublié comment murmurer à l’oreille des plantes, pour mieux soigner avec leur aide. À écouter ces chants percer l’obscurité, on se prend même à rêver d’un temps où les Shipibos se retrouveront dans la conscience solide de posséder des connaissances irremplaçables…

Et si la réalisation du documentaire ONIBO pouvait permettre de faire un pas dans ce sens, en relayant les espoirs et le message des femmes et hommes qui se battent encore pour sauvegarder leur science intuitive, leur cosmogonie et leur médecine d’une valeur cruciale pour l’humanité, alors, on pourrait peut-être parler d’une réussite…

Victor Guillon